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Irrigation 4.0 : Et si l’espace nous aidait à préserver l’eau de nos sols ?

Alors que l’agriculture consomme près de 70 % de l’eau douce mondiale, la gestion de l’irrigation est devenue un défi majeur. Une innovation vient aujourd’hui bousculer certaines certitudes : et si la solution pour mieux préserver l’eau ne se trouvait pas uniquement dans le sol, mais aussi dans l’atmosphère ?

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Edoardo Grandino, de la société Finapp, présente une technologie capable de cartographier l’humidité des parcelles grâce aux rayons cosmiques.

Le constat est clair : selon la FAO, l’agriculture utilise environ 70 % de l’eau douce mondiale. Sans adaptation face au dérèglement climatique, le GIEC évoque des baisses de rendement pouvant atteindre 30 % dans certaines régions. Dans ce contexte, irriguer « à l’aveugle » n’est plus une option. De nouveaux outils permettent aujourd’hui aux agriculteurs de piloter l’irrigation avec davantage de précision.

Une technologie « sans contact »

Issue des travaux du département de physique nucléaire de l’Université de Padoue, la technologie développée par Finapp (Fisica Nucleare Applicata) repose sur un phénomène naturel : la Terre est en permanence traversée par des rayons cosmiques qui génèrent des neutrons dans l’atmosphère.

Une partie de ces neutrons atteint le sol puis repart vers l’atmosphère. Mais lorsqu’ils rencontrent l’hydrogène contenu dans l’eau du sol, ils sont ralentis ou retenus.

Le principe est simple : plus le sol est humide, plus ces neutrons sont capturés par l’hydrogène, et moins il en ressort vers l’atmosphère.

En installant une sonde à environ deux mètres au-dessus du sol, sans contact avec la terre, le système Finapp mesure les neutrons qui reviennent du sol. En analysant leur quantité, il devient possible d’estimer l’humidité moyenne du sol sur une large surface.

Contrairement aux capteurs capacitifs classiques, qui mesurent l’humidité en un point précis et doivent être enterrés, un seul dispositif Finapp peut couvrir une surface importante. Dans certains cas, il peut représenter jusqu’à 50 hectares, à condition que certaines conditions soient réunies : même culture, même système d’irrigation et une bonne homogénéité du sol.

Cette approche non invasive permet de suivre l’humidité du sol en continu (24h/24), jusqu’à environ 50 cm de profondeur, sans gêner le passage des machines agricoles ni perturber la structure du sol.

Des économies d’eau à la clé

Les premiers retours terrain sont encourageants. Les exploitations équipées observent généralement des économies d’eau comprises entre 20 % et 25 %, tout en améliorant la gestion hydrique des cultures et, dans certains cas, la qualité des récoltes.

En France, l’entreprise collabore déjà avec plusieurs acteurs du monde agricole et de la recherche, notamment Arvalis et l’Association des Irrigants du Nord–Pas-de-Calais, afin d’adapter la technologie aux différents contextes agronomiques et climatiques.

Une implantation en France

Déjà présente sur plusieurs continents et distinguée par la FAO lors de la COP28 pour sa contribution à une gestion plus durable de l’eau en agriculture, l’entreprise poursuit son développement.
Lors de l’émission Cultivons les échanges, Edoardo Grandino a annoncé l’ouverture prochaine de la filiale Finapp France, prévue en mars 2026 à Paris. L’objectif : renforcer l’accompagnement des agriculteurs, des coopératives et des agences de l’eau dans une gestion plus précise et plus durable de l’irrigation.

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